2026 : Une année de réglementations pour la durabilité – Ce que les entreprises doivent savoir

L’année dernière a été marquée par un véritable chaos réglementaire. Des directives européennes ont été publiées, révisées, retirées et reportées. Résultat : en 2026, plusieurs réglementations majeures de l’UE entrent en vigueur simultanément.

En tant qu’organisme de normalisation, nous constatons au quotidien la complexité pour les entreprises de gérer ces exigences, sans parler d’en garder une vue d’ensemble. C’est pourquoi nous avons réuni ici les principales réglementations européennes en matière de durabilité.

1. 📊 CSRD – Corporate Sustainability Reporting Directive : La nouvelle vague du reporting de durabilité

L’année dernière, le paquet Omnibus a semé une confusion considérable. Des éléments centraux de la CSRD ont soudainement été remis en question – les délais ont été décalés, les exigences réduites, et pendant un temps, on ne savait pas si et sous quelle forme la directive serait mise en œuvre. Elle a finalement été adoptée, mais certains points de données sont devenus facultatifs, les petites entreprises ont obtenu des délais prolongés, et la flexibilité de mise en œuvre a été accrue. Cela a rendu la CSRD plus gérable, mais a néanmoins causé une grande frustration pour les entreprises qui avaient déjà investi dans la préparation.

La CSRD oblige désormais au moins une partie des entreprises à établir un reporting de durabilité standardisé selon des normes européennes uniformes (ESRS). Elle remplace l’ancienne NFRD et élargit considérablement le cercle des entreprises soumises à l’obligation de reporting.

Qui est concerné après l’Omnibus ?

À l’avenir, seules les plus grandes entreprises seront tenues de produire des rapports. Une entreprise est considérée comme grande au sens de la CSRD si elle compte plus de 1 000 salariés ET réalise un chiffre d’affaires annuel supérieur à 450 millions d’euros. Les PME cotées et les entreprises hors UE réalisant plus de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires dans l’UE suivront ultérieurement. Cette augmentation des seuils exempte environ 80 % des entreprises initialement visées par l’extension.

Calendrier de déploiement progressif (situation en 2026) :

  • Exercice 2024 (rapports en 2025) : Environ 1 000 grandes entreprises cotées en bourse déjà soumises à la NFRD – elles établissent déjà leurs rapports selon la CSRD
  • Exercice 2025 (rapports en 2026) : Extension aux sociétés mères européennes de plus de 1 000 salariés et plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires – en Allemagne, la transposition nationale est encore attendue
  • Exercice 2026 (rapports en 2027) : Autres grandes entreprises européennes dépassant les nouveaux seuils
  • À partir de 2028 : Filiales et entreprises hors UE ayant des activités significatives dans l’UE

La CSRD s’étend donc à beaucoup plus d’entreprises cette année – même si c’est loin du nombre initialement prévu. Pour beaucoup, 2026 est une année de préparation. Ceux qui ont déjà commencé la collecte de données doivent poursuivre, car l’investissement portera ses fruits. Malgré toutes les simplifications, les besoins en données restent élevés, car les données ESG doivent être cohérentes dans les rapports de durabilité, les allégations environnementales, la documentation de la chaîne d’approvisionnement et les stratégies d’emballage. Une base de données centralisée et fiable est la pierre angulaire de toutes les réglementations à venir.

2. 🌳 EUDR – Règlement sur la déforestation : Des chaînes d’approvisionnement sans déforestation

Le règlement EUDR a déjà été reporté deux fois – initialement prévu pour fin 2024, il a été repoussé à juin 2025, et même cette date reste sous réserve. La pression de l’industrie, notamment des pays tiers concernés, est énorme. De nombreuses entreprises sont donc très incertaines et se demandent si l’investissement dans des systèmes de traçabilité en vaut la peine.

Pourtant, ces systèmes sont nécessaires pour se conformer au règlement. Le règlement européen sur la déforestation interdit l’importation et la vente de produits liés à la déforestation à l’origine de la chaîne d’approvisionnement. Les matières premières concernées sont le soja, le cacao, l’huile de palme, le café, le bois, le bœuf et le caoutchouc, ainsi que les produits qui en sont dérivés. Les entreprises doivent prouver par géolocalisation et par des systèmes de diligence raisonnée que leurs matières premières ne proviennent pas de terres déboisées.

Qui est concerné ? Les importateurs et producteurs des matières premières mentionnées et de leurs produits dérivés.

Calendrier actuel :

  • Avant le 30 avril 2026 : La Commission européenne présente un rapport sur les impacts de l’EUDR et la charge administrative – d’autres ajustements sont possibles sur la base de cette analyse
  • À partir du 30 décembre 2026 : L’EUDR entre en vigueur pour les grandes et moyennes entreprises
  • À partir du 30 juin 2027 : Six mois plus tard, les petites et micro-entreprises seront également concernées

3. 📦 PPWR – Règlement sur les emballages et les déchets d’emballages : Les emballages en mutation

Cette année voit l’entrée en vigueur d’un nouveau règlement européen sur les emballages PPWR visant à rendre les emballages circulaires dans toute l’UE. Contrairement à l’ancienne directive sur les emballages 94/62/CE, le PPWR est un règlement – ce qui signifie qu’il s’applique directement dans tous les États membres, sans nécessiter de transposition en droit national. Le PPWR impacte profondément la conception des produits, le choix des matériaux et les systèmes d’élimination, et concerne tous ceux qui mettent des emballages sur le marché – des fabricants aux détaillants en passant par les plateformes en ligne.

Quand s’applique-t-il ?

Les principales nouveautés :

L’éco-conception devient obligatoire : Tous les emballages doivent être conçus pour être facilement recyclables. Les combinaisons de matériaux difficiles à séparer, les composites inutiles et l’espace vide excessif sont fortement restreints.

Obligation de minimisation :

Systèmes réutilisables : Les systèmes de réutilisation deviennent obligatoires pour certaines catégories de produits.

Étiquetage uniforme : Des symboles standardisés à l’échelle de l’UE informent sur les matériaux et l’élimination.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Les entreprises doivent revoir leurs emballages, leur logistique et leurs processus de conception de produits. Les besoins en données augmentent considérablement : les matériaux, les taux de recyclage et les filières d’élimination doivent être documentés en détail.

Si vous souhaitez obtenir plus d’informations à ce sujet, vous pouvez également consulter notre article de blog détaillé sur la PPWR.

4. 🛠 ESPR – Règlement sur l’écoconception des produits durables : La durabilité devient la norme

L’ESPR est le nouveau règlement européen sur l’écoconception, entré en vigueur le 18 juillet 2024, remplaçant l’ancienne directive sur l’écoconception. À partir de 2026, les exigences concrètes pour les différents groupes de produits prennent effet – le passeport produit numérique est introduit et des obligations spécifiques comme l’interdiction de destruction des textiles deviennent réalité.

Contrairement à l’ancienne directive, qui se concentrait principalement sur les produits liés à l’énergie, l’ESPR étend son champ d’application à presque toutes les catégories de produits. Les produits doivent désormais être plus durables, réparables et recyclables. Un outil central est le passeport produit numérique, qui fournit de manière transparente des informations sur l’origine, la composition et les possibilités de réparation.

Qui est concerné ? Les fabricants et importateurs de textiles, d’électronique, de meubles et de nombreux autres groupes de produits.

Calendrier :

  • 18 juillet 2024 : L’ESPR-cadre est entrée en vigueur, remplaçant l’ancienne directive sur l’écoconception
  • 2025 : Les premiers plans de travail et actes juridiques pour des groupes de produits spécifiques sont publiés
  • À partir de 2026 : Les passeports produits numériques sont introduits et les obligations spécifiques entrent en vigueur – par exemple, l’interdiction de destruction des textiles pour les grandes entreprises

Qu’est-ce que cela signifie ? Les processus de conception et de développement de produits doivent intégrer l’économie circulaire dès le départ. Le passeport produit numérique nécessite une documentation produit complète – de la composition des matériaux aux instructions de réparation en passant par les informations de recyclage. 2026 est l’année où les entreprises doivent suivre activement quelles exigences spécifiques sont publiées pour leurs catégories de produits, car l’ESPR se déploie progressivement.

5. 📢 Directive Green Claims & EmpCo : Des règles plus strictes contre l’écoblanchiment à partir de 2026

La directive européenne « Autonomiser les consommateurs pour la transition écologique » (EmpCo, UE 2024/825) renforce les exigences en matière de communication environnementale et de durabilité. Après sa transposition en droit national, elle entre en vigueur de manière contraignante à partir du 27 septembre 2026. La directive Green Claims (GCD) également discutée au niveau européen n’est pas encore juridiquement contraignante et son contenu reste incertain.

Was ändert sich konkret?

  • Allgemeine, vage Umwelt- oder Nachhaltigkeitsaussagen wie „umweltfreundlich“, „grün“, „nachhaltig“ oder „klimaneutral“ sind nur noch zulässig, wenn sie objektiv belegbar und transparent sind.
  • Les allégations sur les performances environnementales futures nécessitent un plan concret et vérifiable avec des preuves.
  • La publicité sur la compensation des émissions de gaz à effet de serre comme seule preuve de neutralité climatique est interdite.
  • Nachhaltigkeitssiegel ohne robustes, unabhängiges Zertifizierungssystem gelten als irreführend und werden untersagt.

Die Regelungen gelten für sämtliche umweltbezogene Werbung und Claims gegenüber Verbraucher*innen.

Important : Aucune période de transition supplémentaire au-delà du 27 septembre 2026 n’est prévue ; les entreprises doivent être conformes à cette date, y compris pour les produits déjà sur le marché.

Was sollten Unternehmen jetzt tun?

  • Vérifier en profondeur la vérifiabilité des allégations de durabilité existantes
  • Vage Formulierungen durch präzise, messbare Aussagen ersetzen
  • Nachweise und Daten systematisch dokumentieren
  • Se protéger par des certifications établies et indépendantes (toutes nos certifications sont conformes à l’EmpCo)

Nous avons abordé ce sujet plus en détail dans notre article de blog consacré à EmpCo. N’hésitez pas à y jeter un œil.

6. 🔧 Initiative Right to Repair : Réparer plutôt que jeter

L’initiative européenne sur le droit à la réparation renforce les droits des consommateurs à la réparation et prolonge la durée de vie des produits. L’objectif est de privilégier les réparations par rapport au remplacement ou à l’achat de produits neufs, réduisant ainsi les déchets.

Qu’est-ce qui change concrètement ?
Les fabricants doivent fournir des pièces de rechange, des informations de réparation et des services de réparation à des conditions équitables pour certains groupes de produits. La réparabilité devient un critère réglementaire dans la conception des produits.

Qui est concerné ?
Les fabricants et détaillants d’électronique, d’appareils électroménagers et d’autres biens de consommation durables.

Calendrier : Le règlement a été adopté politiquement en 2024. Son application est attendue à partir de 2026, selon la mise en œuvre nationale et les actes délégués.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entreprises ?
La conception des produits, la logistique des pièces de rechange et les services après-vente doivent être repensés. La réparabilité passe d’un argument de durabilité volontaire à une obligation réglementaire.

7. 🍽 Révision de la directive-cadre sur les déchets : Nouvelles règles pour les déchets textiles et alimentaires

La révision de la directive-cadre européenne sur les déchets renforce les exigences en matière de prévention et de valorisation des déchets, en particulier pour les textiles et les aliments. L’instrument central est l’extension de la responsabilité élargie des producteurs (REP).

Qu’est-ce qui change concrètement ?

  • Introduction de systèmes REP obligatoires pour les textiles
  • Exigences plus strictes pour la prévention du gaspillage alimentaire
  • Développement des infrastructures de collecte, de réutilisation et de recyclage

Qui est concerné ?
Les marques textiles, les producteurs alimentaires, les importateurs et les détaillants.

Calendrier : Accord politique en 2024, mise en œuvre nationale prévue en 2025-2026.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entreprises ?
La prévention des déchets devient une tâche stratégique. Les entreprises doivent participer aux systèmes REP et concevoir leurs produits davantage pour la réutilisation et le recyclage.

8.🔗 CSDDD – Corporate Sustainability Due Diligence Directive : La loi européenne sur la chaîne d’approvisionnement

La CSDDD harmonise les obligations de diligence raisonnable en matière de droits humains et d’environnement à l’échelle de l’UE. Elle va au-delà de la loi allemande sur la chaîne d’approvisionnement (LkSG) et crée un cadre européen unifié.

Statut et calendrier : La directive est en vigueur depuis 2024. La transposition en droit national a lieu d’ici 2026, avec une application échelonnée pour les entreprises à partir de 2027.

Qui est concerné ?
Les grandes entreprises de l’UE ainsi que les entreprises hors UE réalisant un chiffre d’affaires important dans l’UE. Les seuils sont inférieurs à ceux de la LkSG allemande, élargissant ainsi le champ d’application.

Ce qui attend les entreprises :

  • Diligence raisonnable basée sur les risques tout au long de la chaîne de valeur
  • Mesures de prévention et de remédiation pour les risques identifiés
  • Engagement des parties prenantes et mécanismes de réclamation fonctionnels
  • Lien entre durabilité et stratégie d’entreprise

Contexte : 2026 est une année de préparation cruciale. Les entreprises devraient développer maintenant leurs processus LkSG existants et les aligner au niveau européen.

9.⚠️ REACH: Mikroplastik & PFAS-Beschränkungen

Dans le cadre du règlement REACH, les risques environnementaux et sanitaires liés aux produits chimiques sont davantage restreints. L’accent est mis sur les microparticules de plastique ajoutées intentionnellement et les PFAS (« produits chimiques éternels »).

Qu’est-ce qui change ?

  • Interdiction ou forte restriction des additifs microplastiques dans les produits tels que cosmétiques, produits de nettoyage et peintures
  • Réglementation ou interdictions progressives de groupes entiers de substances PFAS

Wen betrifft es?
Les fabricants et importateurs de cosmétiques, de produits de lavage et de nettoyage, de textiles, de revêtements et d’autres biens de consommation.

Calendrier :

  • Microplastiques : déjà en vigueur, périodes de transition selon les produits
  • PFAS : progressivement à partir de 2025-2026

Qu’est-ce que cela signifie pour les entreprises ?
Les formulations de produits doivent être ajustées, les chaînes d’approvisionnement vérifiées et de nouvelles obligations de documentation et de déclaration remplies.

Tout est interconnecté : L’intégration est la clé

Ces réglementations n’opèrent pas de manière isolée mais s’imbriquent : les données CSRD constituent la base d’allégations environnementales crédibles. Les processus de diligence raisonnée de la CSDDD fournissent des informations pour la documentation EUDR. Les données matérielles et produits des passeports produits ESPR soutiennent la conformité PPWR et REACH.

Le levier crucial est une base de données centralisée et cohérente. Les entreprises qui investissent tôt dans des structures de données fiables et des processus intégrés évitent les duplications de travail et créent des synergies réglementaires.

Conclusion : Les exigences deviennent plus concrètes – et vérifiables

Cette année, plusieurs réglementations européennes en attente font passer la durabilité d’engagements volontaires à des exigences concrètes et vérifiables. Dans certains domaines, non seulement l’applicabilité augmente, mais aussi l’étendue des obligations – par exemple concernant les allégations environnementales, les exigences produits, les emballages ou les produits chimiques.

Pour les entreprises, cela signifie : la communication sur la durabilité, la conception des produits et la documentation doivent s’aligner plus étroitement sur les exigences réglementaires. Les allégations doivent être justifiables, les normes minimales respectées et les informations pertinentes tenues disponibles.

Bien que les normes GfaW NCS, NCP, Nature Thanx et CSE ne soient pas des solutions réglementaires tout-en-un, elles peuvent fournir un soutien ciblé à la conformité – par exemple dans la structuration des données ou la sécurisation d’allégations de durabilité spécifiques.

Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse info@gfaw.eu ou via le formulaire de contact.

12 Jan 2026

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